Basses Vallées Angevines, la nature et les hommes.

Situées principalement au nord d’Angers, les Basses Vallées Angevines couvrent une superficie de 9200 ha majoritairement composée de prairies inondables. Cet écosystème prairial a été façonné par l’homme durant des siècles.

Zone inondable en danger

Les zones inondables ont considérablement régressé sous l’effet de travaux d’assèchement, de mise en culture et de boisements artificiels. Pour y remédier ces zones sont inventoriées Zone National d’Intérêt Faunistique ou Floristique. Les Basses Vallées Angevines ont intégré depuis novembre 2004 le réseau Natura 2000 se plaçant ainsi au même niveau que les hauts plateaux du Vercors, la baie du Mont-Saint-Michel et la Camargue. Depuis 15 années les agriculteurs, les pêcheurs, les associations environnementales et les pouvoirs publics maintiennent une vigilance et une collaboration constante pour préserver la qualité de cet écosystème exceptionnel.

L’info en +

Une série de trois vidéos pour mieux comprendre la dynamique des cours d’eau et les phénomènes d’inondation sur le bassin du Loir.

L’activité agricole garante du maintien de l’écosystème.

Suite à une prise de conscience collective par les agriculteurs mais aussi par de nombreux autres acteurs de l’intérêt écologique de ces territoires, les éleveurs d’une partie des vallées de la Mayenne, de la Sarthe, du Loir et de la Loire se sont mobilisés autour d’un projet garantissant le maintien de l’écosystème.
Les agriculteurs se sont donc engagés pour des pratiques respectueuses de l’environnement (fauches tardives et à vitesse modérée) permettant de maintenir un milieu prairial d’une exceptionnelle richesse.

Le saviez-vous ?

Des éleveurs des Basses Vallées Angevines commercialisent depuis 2001 leur viande sous la marque «Le Bœuf des Vallées Agevines par L’éleveur et l’Oiseau». Une démarche révolutionnaire à l’époque liant protection de l’environnement et production de viande bovine.

Une biodiversité remarquable.

Les prairies inondables hébergent de nombreuses espèces végétales et animales caractéristiques de la région. Toute l’année des milliers d’oiseaux y font escale : oies cendrées, canards pilets, barges à queue noire et le célèbre râle des genêts. C’est un lieu d’hivernage pour les canards venus du nord ; au printemps, c’est une zone de reposoir pour les oiseaux migrateurs. Côté flore, parmi les 310 espèces recensées, la fritillaire pintade joue les stars au printemps, aux côtés de la cardamine des prés sous les arbres-têtards.

Haut lieu de reproduction.

C’est ici que l’on trouve la plus grande population de râle des genêts en France. Elle est au coeur d’un programme de protection initié par la Ligue de Protection des Oiseaux, en lien avec les agriculteurs. Les Basses Vallées Angevines abritaient jusqu’à environ 300 couples de râles, soit 40 % de la population nationale.

 

Zone de ponte.

Les prairies deviennent, lors des submersions hivernales, de vastes frayères (zone de ponte) pour le brochet. Les rivières des Basses Vallées Angevines constituent aussi des axes migratoires majeur pour l’alose feinte, la grande alose, la lamproie marine et l’anguille.

Les inondations

Un territoire marqué par les crues

Les BVA constituent un large champ d’expansion des crues naturelles. Cette zone, dont la topographie est relativement plate, se comporte comme une bassine et peut stocker des volumes d’eau très importants (370 millions de m3).

Des inondations particulières

Les crues de l’amont” causées par des précipitations importantes et un phénomène de stockage par la zone d’expansion de crue que représente les basses vallées.
Les crues de l’aval” produites soit par les crues de la Loire qui bloque l’écoulement de la Maine et qui crée un surstockage, soit par une concomitance des crues de la Loire et de la Maine (comme ce fut le cas en janvier 1995, photos ci-contre).

Documentaire
«Au cœur des Basses Vallées Angevines, entre hommes et nature».

Après 2 ans de tournage, à travers une narration subtile et une photographie poétique, le film montre avec brio comment les hommes ont trouvé des consensus pour essayer d’impacter le moins possible ce milieu sensible.

Colette Saudubois, la productrice et les réalisateurs sont allés à la rencontre d’une vingtaine d’acteurs du territoire comme la Ligue de Protection des Oiseaux, des agriculteurs, des pêcheurs, des chasseurs et les collectivités. Colette Saudubois témoigne : “L’enjeu du film était d’abord de comprendre les implications des uns et des autres. Bien évidemment, tous vivent ensemble sur ce territoire avec des intérêts différents. Ce qui est exceptionnel, c’est la qualité des échanges malgré la complexité des enjeux. Nous sommes contents d’avoir réussi à gagner la confiance de chacun. Après la sortie du film, les retours sont très positifs. Personne ne s’est senti stigmatisé».

« On est fier avec ce film de sensibiliser les gens et de relancer une dynamique sur le devenir pour les hommes et la nature dans les basses vallées angevines, car comprendre c’est déjà aimer. »

A noter

Projection du film le 2 avril 2020 à 20h30, salle Hervé Bazin à Soucelles dans le cadre de Nature en fête, en présence de la productrice et d’un réalisateur.